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Les habitations lacustres - Aurore de Jean-Henri fabre

Là elles étaient dressées et enfoncées dans la vase molle jusqu'à ce que la tête se trouvât à fleur d'eau. Enfin les intervalles entre la multitude de pieux étaient comblés avec des pierres.

Dans le recoin le plus abrité, des nattes de jonc et des fourrures matelassent le parquet pour le repos de la nuit. Enfin devant la porte se balance le batelet d'osier. Claire. Mais cette singulière marmite doit se brûler sur le feu? Aurore. Ils se gardent bien de la mettre sur le feu. Des cailloux sont mis à rougir dans le foyer. Et à ses pieds limprenable panorama qui, depuis le vignoble du Rangen, sétend vers Mulhouse, la plaine dAlsace et en face, le massif jumeau de la Forêt Noire. Lorsque le temps le permet, on voit émerger les sommets alpins, immaculés et fériques!

Mais, avec leurs outils de silex, mordant à peine sur le bois et mis en pièces au moindre choc mal donné, c'était pour eux ouvrage énorme. Le castor, de ses dents tranchantes, en fût venu plus facilement à bout.

Ce sol artificiel, au-dessous duquel circulaient les eaux, recevait enfin les habitations. C'étaient des huttes rondes ou ovalaires, formées d'une charpente de branches courbées et d'une couche de terre grasse. Une seule ouverture, très-basse, que l'on franchissait en rampant, donnait accès dans l'intérieur, semblable à nos fours de boulangerie.

Ils étaient à peu près dans le cas où nos charpentiers se trouveraient s'il leur fallait abattre et façonner un chêne avec la seule lame d'un mauvais couteau rouillé. Je vous laisse à penser alors la fatigue et la patience dépensées pour obtenir les milliers de solives nécessaires au pilotis.

On saute immédiatement de la demeure dans l'embarcation. La bourgade, en effet, au lieu d'être assise sur un sol artificiel continu, est entrecoupée de nombreux passages où le lac est à découvert ; les rues du village sont des canaux.